Introduction
Le langage est souvent une grande source de questionnements pour les parents.
Quand est-ce qu’un enfant commence à parler ?
Combien de mots devrait-il dire ?
Faut-il s’inquiéter s’il parle peu ?
I) Les grandes étapes du développement du langage chez l’enfant
Le développement du langage commence bien avant les premiers mots.
Dès la naissance, le bébé communique déjà.
Dès la naissance – 3 mois
Le nouveau-né est particulièrement réceptif à la voix de ses proches, et notamment à celle de sa mère.
Il réagit aux sons, aux intonations, aux visages.
La communication passe par les pleurs, le regard, les mimiques.
Vers 3 à 6 mois
Le bébé commence à produire des vocalises, des gazouillis.
Il explore sa voix, joue avec les sons, sans intention de parler, mais déjà dans une logique d’échange.
Vers 6 à 10 mois
On observe souvent le babillage : “ba-ba”, “da-da”, “ma-ma”.
Ces sons ne sont pas encore des mots, mais ils constituent une étape essentielle dans l’apprentissage du langage.
Autour de 9 à 12 mois
La communication devient plus intentionnelle.
Le bébé utilise davantage les gestes, le regard, et surtout le pointage, souvent autour d’un an.
C’est un indicateur très important : l’enfant cherche à partager son attention avec l’adulte.
Vers 12 à 18 mois
Les premiers mots apparaissent, parfois tôt, parfois plus tard.
À cet âge, la compréhension est souvent bien plus développée que l’expression : l’enfant comprend beaucoup plus de choses qu’il ne peut encore dire.
Vers 18 à 24 mois
Le vocabulaire s’enrichit progressivement.
On voit apparaître les premières associations de mots.
Le langage commence à servir à demander, raconter, exprimer des besoins ou des émotions.
Vers 2 à 3 ans
Les phrases deviennent plus longues, plus structurées.
L’enfant commence à raconter, poser des questions, expliquer ce qu’il vit.
Il est important de rappeler que ce sont des repères larges.
Chaque enfant évolue à son rythme.
Ce qui compte, ce n’est pas la comparaison, mais la progression et l’envie de communiquer.
Maintenant que nous avons vu les grandes étapes du développement du langage, je vous propose de voir comment accompagner concrètement ce développement au quotidien, à travers des outils simples et accessibles.
II) Des outils pour accompagner le développement du langage
Pour cette partie, je me suis appuyée sur des lectures professionnelles, notamment le livre Guide très pratique pour les pros de la petite enfance d’Héloïse Junier, que j’ai ensuite adaptées à ma pratique.
L’idée n’est pas de tout faire parfaitement, mais de proposer des pistes.
Parler régulièrement avec son enfant
Parler à son enfant est essentiel, mais il ne s’agit pas de parler en continu.
Quelques moments de qualité suffisent.
Par exemple, essayer d’avoir au moins dix minutes par jour d’échanges dans un environnement calme, sans écrans ni distractions.
Et surtout, il est important de parler avec l’enfant, et non pas seulement à l’enfant.
C’est-à-dire lui laisser une place dans l’échange, même s’il ne parle pas encore.
Jouer avec son enfant
Le jeu est un formidable support pour le langage.
En jouant avec l’enfant, on partage son attention, on met des mots sur ce qu’il fait, sur ce qu’il vit.
Le langage se développe beaucoup dans ces moments de plaisir partagé, où l’adulte est réellement disponible.
Parler dans sa langue maternelle
Il est préférable de parler à son enfant dans la langue dans laquelle on se sent le plus à l’aise.
La langue maternelle permet un langage plus riche, plus naturel, plus nuancé.
Peu importe la langue utilisée : ce qui compte, c’est la qualité des échanges et la relation.
Privilégier les questions ouvertes
Les questions ouvertes favorisent davantage le langage que les questions fermées.
Par exemple, au lieu de demander :
“Ça s’est bien passé à la cantine ?”
on peut demander :
“Qu’est-ce que tu as mangé à la cantine ?”
Il est aussi très important de laisser le temps de répondre, même si la réponse est lente ou hésitante.
Le silence fait partie de la communication.
Répondre aux questions de l’enfant et enrichir le langage
Quand un enfant pose une question, c’est une occasion précieuse d’enrichir son langage.
Autant que possible, prendre le temps de répondre, d’expliquer, de décrire les objets, les situations, ce que l’on voit.
Ces échanges nourrissent le vocabulaire et la compréhension du monde.
Utiliser un langage clair et précis
Il est préférable d’utiliser un vocabulaire juste et clair.
Plutôt que des mots “bébé”, on peut employer les mots corrects du quotidien.
Par exemple, au lieu de dire “c’est l’heure du dodo”,
on peut dire “c’est l’heure de la sieste” ou “c’est l’heure d’aller dormir”.
L’enfant est capable d’entendre et de comprendre ces mots.
C’est en les entendant régulièrement qu’il pourra ensuite les utiliser.
Le baby sign
Parmi les outils possibles, il y a aussi le baby sign.
Le baby sign est un outil de communication inspiré de la langue des signes, simplifiée et adaptée aux jeunes enfants.
Certains mots du quotidien sont à la fois parlés et signés, ce qui permet à l’enfant, avant l’acquisition du langage oral, de s’exprimer et de se faire comprendre.
Cela peut aider à réduire certaines frustrations, car l’enfant comprend souvent bien plus de choses qu’il ne peut encore exprimer avec des mots.
Comme tous les outils, le baby sign n’est ni obligatoire ni indispensable, mais il peut être un véritable appui pour certaines familles, s’il s’inscrit dans une relation riche en parole, en regard et en échanges.
Conclusion
L’acquisition du langage commence dès la naissance.
Il n’existe pas un seul langage, mais plusieurs : le langage verbal et le langage non verbal, tous deux essentiels et complémentaires.
Chaque enfant évolue à son rythme, et chaque famille fait avec ses ressources, son quotidien et ses valeurs.
Il n’y a pas de solution parfaite, seulement des manières d’accompagner qui ont du sens pour vous et pour votre enfant.
Accompagner le langage d’un enfant, ce n’est pas lui apprendre à parler plus vite,
c’est surtout être présent, disponible, et à l’écoute de ce qu’il a déjà à nous dire.