-
Dès la naissance l’enfant est attiré par les visages et les regards. Il reconnait d’abord les voix, les odeurs, les gestes.
Il utilise en réalité tous ses sens pour reconnaitre l’autre.
Sur le plan visuel, la reconnaissance des visages commence à se préciser autour de 2 mois environ, d’abord pour les personnes qui prennent soins de bébé.
Mais attention ! Ce n’est pas un « interrupteur » qui s’allume d’un coup. C’est un processus progressif qui continue d’évoluer tout au long de l’enfance.
-
I) Les grandes étapes du développement cognitif
De 0 à 2 ans : comprendre le monde par le corps et les sens
Entre la naissance et environ deux ans, l’enfant commence à interagir activement avec son environnement.
À cet âge, il construit son intelligence par l’action.Cela signifie que l’enfant s’appuie principalement sur :
- ses sens,
- sa motricité,
- ses expériences corporelles,
pour comprendre le monde qui l’entoure.
Il touche, il manipule, il répète, il expérimente.
La pensée passe encore essentiellement par le faire.Cette période constitue une première étape fondamentale du développement cognitif.
C’est en agissant que l’enfant commence à organiser sa compréhension du monde.C’est aussi durant cette période que l’enfant découvre progressivement la notion d’objet :
les objets matériels, mais aussi les personnes.
Il comprend peu à peu que ce qui existe continue d’exister, même lorsqu’il ne le voit plus, ce qui est une étape essentielle de son développement.De 2 à 7 ans : la pensée symbolique et intuitive
Entre deux et sept ans, l’enfant entre dans une nouvelle période de son développement cognitif.
Il ne se contente plus seulement d’agir : il commence à se représenter mentalement les choses.C’est ce qu’on appelle la fonction symbolique.
La fonction symbolique, c’est la capacité de penser à quelque chose qui n’est pas directement sous les yeux.
Elle se manifeste notamment à travers le jeu, et en particulier le jeu symbolique.Quand l’enfant joue, il rejoue le réel à sa manière.
Le jeu lui permet de s’adapter progressivement à un monde physique et social qu’il ne comprend pas encore totalement.Dans le jeu, l’enfant peut explorer, imaginer, transformer la réalité,
sans contraintes, sans sanctions, et à son propre rythme.La fonction symbolique s’exprime aussi à travers le dessin.
Chez le jeune enfant, le dessin n’a pas pour but de représenter fidèlement la réalité,
mais de se faire comprendre.Chaque objet dessiné correspond à une représentation mentale.
L’enfant dessine à partir de son modèle interne, de ce qu’il a compris et ressenti, et non à partir de l’objet tel qu’il est réellement.Vers 4 à 7 ans : la pensée intuitive
Entre environ quatre et sept ans, l’enfant développe ce que l’on appelle une pensée intuitive.
L’enfant affirme, explique, donne son point de vue,
mais sans toujours pouvoir justifier ou démontrer ce qu’il dit.Sa pensée repose beaucoup sur ce qu’il perçoit et ressent.
Elle surgit de l’intuition, plus que d’un raisonnement logique.Vers quatre ou cinq ans, cette intuition est encore simple,
puis elle devient progressivement plus articulée à mesure que l’enfant grandit.II) Outils pour soutenir le développement cognitif Voix off
1️⃣ Laisser l’enfant expérimenter
Pour soutenir le développement cognitif, l’un des points essentiels est de laisser l’enfant expérimenter par lui-même.
Cela implique de :
- ne pas faire à sa place,
- accepter l’essai et l’erreur,
- lui laisser le temps.
L’idée ici est de considérer que l’enfant est capable d’apprendre par lui-même.
En le laissant faire, l’adulte lui envoie un message très fort : « je te fais confiance ».
Et cette confiance est un moteur fondamental pour le développement de sa pensée et de sa confiance en lui.2️⃣ Proposer un environnement riche mais simple
Le développement cognitif est aussi fortement lié à l’environnement proposé à l’enfant.
Un environnement adapté, c’est :
- des objets du quotidien,
- des jeux ouverts, peu dirigés,
- des possibilités de manipulation.
Dans un environnement simple et bien pensé, l’enfant peut explorer librement, faire des essais, se tromper, recommencer.
Il est acteur de ses apprentissages, plutôt que guidé en permanence par l’adulte.Cela rejoint la notion d’affordance, que j’ai déjà évoquée dans une autre vidéo :
l’environnement donne à l’enfant des possibilités d’action, sans consignes verbales constantes.3️⃣ Parler de ce que fait l’enfant
Le langage de l’adulte joue aussi un rôle important dans le développement cognitif.
Parler de ce que fait l’enfant permet de :
- mettre des mots sur ses actions,
- l’aider à faire des liens,
- verbaliser sans surstimuler.
Concrètement, cela aide l’enfant à organiser sa pensée.
En entendant l’adulte décrire ce qu’il fait, l’enfant comprend mieux les relations entre ses actions, les objets et les effets produits.
Cela nourrit sa compréhension du monde et soutient sa capacité à réfléchir.4️⃣ Respecter son rythme de réflexion
Chaque enfant a son propre rythme de réflexion, et celui-ci doit être respecté.
Cela signifie :
- lui laisser le temps de comprendre,
- ne pas répondre trop vite à sa place,
- accepter les répétitions.
Respecter ce rythme permet à l’enfant de se sentir en confiance et compétent.
Sur le plan cognitif, cela laisse au cerveau le temps de traiter l’information, de faire des liens, de consolider les apprentissages.
La lenteur est normale au début, et elle est même nécessaire pour apprendre durablement.5️⃣ Le jeu libre comme moteur du développement cognitif
Le jeu est le principal support du développement cognitif chez le jeune enfant.
Il n’y a pas besoin d’activités complexes ou dites “éducatives”.Attention toutefois :
le jeu libre ne signifie pas laisser l’enfant livré à lui-même.Le rôle de l’adulte est de :
- préparer l’environnement,
- aménager l’espace,
- proposer du matériel adapté.
Que ce soit en crèche ou à la maison, il s’agit de créer un espace qui permet à l’enfant de jouer librement.
Par exemple, un coin poupée avec des langes, un biberon, de la dinette…
Ensuite, l’enfant joue à sa manière, et l’adulte peut entrer dans le jeu si l’enfant l’y invite.Lien avec les autres domaines du développement
Le développement cognitif est étroitement lié aux autres domaines du développement du jeune enfant.
C’est normal : tout passe par le cerveau.Soutenir le développement moteur, le langage, le développement social et émotionnel,
c’est aussi soutenir le développement cognitif.C’est pourquoi je vous invite, si ces sujets vous intéressent, à aller voir mes autres vidéos sur le développement du jeune enfant.
Conclusion
Pour conclure, connaître le développement cognitif, c’est pouvoir accompagner l’enfant au plus proche de ses besoins, et mieux comprendre pourquoi il peut avoir certaines réactions.
C’est aussi accepter qu’il avance à son rythme, et que pour lui, certaines choses puissent prendre plus de temps.Pour vous, professionnels de la petite enfance, connaître le développement cognitif du jeune enfant permet d’accompagner au mieux les enfants que vous accueillez au quotidien, dans le respect de leur personne, de leurs besoins et de leur rythme.
Je vous laisse méditer là-dessus.
-
Intro :
Je vous propose de nous intéresser au développement social, c’est-à-dire à la façon dont le jeune enfant entre en relation avec les autres et se construit dans le lien.
I) Les grandes étapes du développement social du jeune enfant
0–3 mois : une relation fusionnelle
Au tout début de la vie, le bébé ne se distingue pas encore clairement de l’autre.
Il existe une forme de confusion entre lui et l’adulte qui prend soin de lui.Le développement social commence dans cette relation très proche :
le regard, la voix, le contact, les réponses de l’adulte.2–3 mois à 12 mois : premières émotions et premières interactions
À partir de quelques mois, on voit apparaître les émotions de base : la joie, le chagrin, la colère, la douleur.
Le bébé commence à se découvrir à travers le regard de l’autre.
Il réagit aux sourires, aux expressions du visage, aux réactions de l’adulte.Progressivement, la communication devient plus intentionnelle :
le bébé cherche à attirer l’attention, à provoquer une réponse, à partager quelque chose.Vers la fin de la première année, on observe souvent :
- la reconnaissance de soi dans le miroir,
- le pointage, qui est un indicateur très important du développement social et communicatif.
12–18 mois : apprendre par l’expérience
Entre un an et dix-huit mois, l’enfant apprend essentiellement par l’action.
Il explore, il teste, il répète.
Le développement social passe beaucoup par l’expérience directe, par le corps, par les interactions avec l’adulte et l’environnement.18 mois – 3 ans : se construire comme personne
C’est une période très riche sur le plan du développement social.
L’enfant commence à passer progressivement de l’action à la pensée.
Il développe fortement :- l’imitation,
- le langage,
- les jeux d’imitation simples,
- les jeux d’alternance avec l’adulte ou les autres enfants.
C’est aussi à cet âge que l’enfant commence à intégrer des limites :
il découvre que l’autre existe, que tout ne lui est pas immédiatement accessible.De nouvelles émotions sociales apparaissent, comme la jalousie ou la sympathie,
et l’enfant commence à intégrer les contraires : moi / autre, oui / non.👉 On entend parfois parler du “terrible two” et de la crise d’opposition. Ce ne sont pas exactement la même chose, même si elles font partie du même processus de construction du “moi”. Le “terrible two” correspond plutôt à une immaturité émotionnelle, alors que la crise d’opposition, vers 3 ans, est davantage liée à l’affirmation de soi.
3–6 ans : affirmation de soi et relations plus complexes
Vers 3 ans
C’est souvent ce qu’on appelle la crise d’opposition ou la crise de personnalité.
L’enfant affirme davantage son autonomie de pensée.
Les mots “je”, “moi”, “mien”, “non” prennent une place importante.On observe fréquemment :
- opposition,
- jalousie,
- recherche d’attention,
- besoin parfois d’exclusivité.
C’est aussi à cet âge que peut apparaître le sentiment de honte.
Vers 4 ans
L’enfant cherche davantage le regard de l’autre.
Il peut vouloir se donner en spectacle, séduire l’adulte, attendre une réaction.À l’inverse, certains enfants peuvent se montrer plus réservés, par peur de ne pas donner une “bonne image” d’eux-mêmes.
C’est souvent à cet âge que la timidité peut apparaître.Vers 5–6 ans
L’enfant commence à s’identifier davantage aux rôles sociaux des adultes, notamment du parent du même sexe.
Il peut y avoir une attitude ambivalente :
- admiration,
- mais aussi rivalité.
Le développement du langage permet des relations sociales plus complexes,
avec un enrichissement important du vocabulaire et de la syntaxe.II) Outils pour accompagner le développement social voix off illustrations
Sécuriser avant de socialiser
Le développement social repose avant tout sur la sécurité affective.
Un enfant qui se sent en sécurité peut aller vers les autres, explorer, entrer en relation.
La présence, la disponibilité et la cohérence de l’adulte sont essentielles.Respecter le rythme relationnel de l’enfant
Tous les enfants n’ont pas le même rapport aux autres.
Certains sont très sociables, d’autres plus observateurs.
Les deux sont normaux.
Il est important de ne pas forcer un enfant à entrer en relation s’il n’est pas prêt.
Mettre des mots sur les situations sociales
L’adulte aide l’enfant à comprendre ce qu’il vit.
Nommer les situations, les émotions, les intentions permet à l’enfant de se repérer socialement et de donner du sens à ce qui se passe autour de lui.
Accompagner les conflits
Le conflit fait partie du développement social.
Le rôle de l’adulte n’est pas de l’éviter à tout prix, mais de :
- sécuriser,
- mettre des mots,
- poser un cadre.
Le conflit devient alors une situation d’apprentissage.
👉 Je ne détaille pas ici l’accompagnement émotionnel, mais si ce sujet vous intéresse, vous trouverez des capsules dédiées sur ma chaîne.
L’adulte comme modèle social
L’enfant apprend beaucoup par observation.
La manière dont l’adulte parle, écoute, respecte les autres et gère les désaccords constitue un modèle puissant pour le développement social.
Le cadre comme repère
Un cadre clair, constant et sécurisant aide l’enfant à se situer dans le groupe et dans les relations.
Le cadre ne freine pas le développement social :
au contraire, il le soutient.Conclusion :
C’est ainsi que s’achève cette vidéo.
Le jeune enfant grandit à travers les interactions avec son environnement, qui sont pour lui de véritables sources d’apprentissages sociaux.J’espère que cette vidéo vous aura plu et qu’elle aura nourri vos réflexions autour du développement social du jeune enfant.
-
Introduction
Aujourd’hui, je vais vous parler du développement sensoriel :
ce que cela regroupe, comment il se manifeste chez le jeune enfant, et pourquoi il est si important dans son développement.I) Vocabulaire et notions clés vidéos illu
L’enfant découvre le monde à travers ses sens.
Cette découverte se fait progressivement, et toujours par l’intermédiaire de son corps.Dans le développement sensoriel, on peut retenir trois grandes notions :
Sensation – Perception – Abstraction
- Vécu – Perçu – Conçu
Quelques exemples pour illustrer :
- Je touche de la neige → c’est froid → notion de température
- Je goûte le citron → ça pique → notion d’acidité
- J’entends des pétards → c’est bruyant → notion d’intensité, de volume
La perception, c’est une sensation qui est analysée, reconnue, interprétée et parfois verbalisée.
Avant 3 ans, l’enfant perçoit énormément de choses, mais il n’a pas encore les mots pour les exprimer.Vers 4–5 ans, il parvient davantage à :
- classer,
- trier,
- nommer,
- différencier,
- et formuler ce qu’il perçoit.
II) Les cinq sens
Le goût
Les principales saveurs sont : amer, sucré, salé et acide.
Elles sont détectées par les papilles gustatives.Avec l’âge, la perception des goûts diminue.
Le bébé est donc très sensible aux saveurs.Le goût est étroitement lié à l’odorat : lorsque l’on mâche et avale, l’air est dirigé vers les fosses nasales où se trouvent les cellules olfactives.
Le goût est aussi culturel, influencé par l’environnement dans lequel l’enfant grandit.L’odorat
L’odorat est un moyen d’identification et de reconnaissance, à la fois des objets et des personnes.
Il constitue un repère important pour l’enfant.Le nouveau-né reconnaît sa mère grâce à son odeur.
L’enfant perçoit les odeurs avec des nuances et des tonalités bien plus fines que l’adulte.Chaque odeur peut avoir pour lui un sens particulier.
En grandissant, certaines odeurs peuvent déclencher des images, des souvenirs ou des émotions.La vue
L’acuité visuelle du nourrisson progresse énormément durant les deux premiers mois de vie.
À la naissance, la vision est encore plus faible que celle de l’adulte.Dès 4 mois, le bébé perçoit les couleurs comme l’adulte.
La vue est l’un des premiers sens qui permet à l’enfant d’identifier :- les visages,
- les lieux,
- les espaces dans lesquels il vit,
- et progressivement lui-même.
Le tout-petit est très sensible aux contrastes, notamment le noir et blanc.
L’ouïe
L’ouïe fonctionne en lien étroit avec la vision et joue un rôle essentiel dans la survie de l’organisme.
Elle permet au corps de se préparer à distance aux changements de l’environnement, pour les affronter ou les éviter.Ce sens se développe dès la vie intra-utérine.
L’enfant est sensible aux bruits de l’environnement dans lequel il vit et commence très tôt à se préparer à s’y adapter.Le toucher
Tout contact avec un objet peut entraîner trois types de sensations :
- tactiles : pression, vibration,
- thermiques : chaud / froid,
- douloureuses.
Très tôt, l’enfant utilise le toucher comme moyen de relation avec son environnement.
La reconnaissance se fait d’abord par la bouche, puis par la main qui cherche, palpe et touche.L’enfant engage tout son corps dans ses explorations, avec des gestes encore globaux et peu différenciés.
Les jeux sensori-moteurs permettent progressivement l’indépendance de chaque membre.Le toucher aide l’enfant à différencier :
- les matériaux,
- les formes,
- les objets du quotidien,
et participe pleinement à la construction de sa compréhension du monde.
Conclusion
Pour conclure, le développement sensoriel est une base essentielle du développement du jeune enfant.
C’est à travers ses sens et son corps qu’il découvre le monde, construit sa compréhension et pose les premières bases de ses apprentissages. -
Introduction
Le langage est souvent une grande source de questionnements pour les parents.
Quand est-ce qu’un enfant commence à parler ?
Combien de mots devrait-il dire ?
Faut-il s’inquiéter s’il parle peu ?I) Les grandes étapes du développement du langage chez l’enfant
Le développement du langage commence bien avant les premiers mots.
Dès la naissance, le bébé communique déjà.Dès la naissance – 3 mois
Le nouveau-né est particulièrement réceptif à la voix de ses proches, et notamment à celle de sa mère.
Il réagit aux sons, aux intonations, aux visages.
La communication passe par les pleurs, le regard, les mimiques.Vers 3 à 6 mois
Le bébé commence à produire des vocalises, des gazouillis.
Il explore sa voix, joue avec les sons, sans intention de parler, mais déjà dans une logique d’échange.Vers 6 à 10 mois
On observe souvent le babillage : “ba-ba”, “da-da”, “ma-ma”.
Ces sons ne sont pas encore des mots, mais ils constituent une étape essentielle dans l’apprentissage du langage.Autour de 9 à 12 mois
La communication devient plus intentionnelle.
Le bébé utilise davantage les gestes, le regard, et surtout le pointage, souvent autour d’un an.
C’est un indicateur très important : l’enfant cherche à partager son attention avec l’adulte.Vers 12 à 18 mois
Les premiers mots apparaissent, parfois tôt, parfois plus tard.
À cet âge, la compréhension est souvent bien plus développée que l’expression : l’enfant comprend beaucoup plus de choses qu’il ne peut encore dire.Vers 18 à 24 mois
Le vocabulaire s’enrichit progressivement.
On voit apparaître les premières associations de mots.
Le langage commence à servir à demander, raconter, exprimer des besoins ou des émotions.Vers 2 à 3 ans
Les phrases deviennent plus longues, plus structurées.
L’enfant commence à raconter, poser des questions, expliquer ce qu’il vit.Il est important de rappeler que ce sont des repères larges.
Chaque enfant évolue à son rythme.
Ce qui compte, ce n’est pas la comparaison, mais la progression et l’envie de communiquer.Maintenant que nous avons vu les grandes étapes du développement du langage, je vous propose de voir comment accompagner concrètement ce développement au quotidien, à travers des outils simples et accessibles.
II) Des outils pour accompagner le développement du langage
Pour cette partie, je me suis appuyée sur des lectures professionnelles, notamment le livre Guide très pratique pour les pros de la petite enfance d’Héloïse Junier, que j’ai ensuite adaptées à ma pratique.
L’idée n’est pas de tout faire parfaitement, mais de proposer des pistes.
Parler régulièrement avec son enfant
Parler à son enfant est essentiel, mais il ne s’agit pas de parler en continu.
Quelques moments de qualité suffisent.Par exemple, essayer d’avoir au moins dix minutes par jour d’échanges dans un environnement calme, sans écrans ni distractions.
Et surtout, il est important de parler avec l’enfant, et non pas seulement à l’enfant.
C’est-à-dire lui laisser une place dans l’échange, même s’il ne parle pas encore.Jouer avec son enfant
Le jeu est un formidable support pour le langage.
En jouant avec l’enfant, on partage son attention, on met des mots sur ce qu’il fait, sur ce qu’il vit.Le langage se développe beaucoup dans ces moments de plaisir partagé, où l’adulte est réellement disponible.
Parler dans sa langue maternelle
Il est préférable de parler à son enfant dans la langue dans laquelle on se sent le plus à l’aise.
La langue maternelle permet un langage plus riche, plus naturel, plus nuancé.Peu importe la langue utilisée : ce qui compte, c’est la qualité des échanges et la relation.
Privilégier les questions ouvertes
Les questions ouvertes favorisent davantage le langage que les questions fermées.
Par exemple, au lieu de demander :
“Ça s’est bien passé à la cantine ?”
on peut demander :
“Qu’est-ce que tu as mangé à la cantine ?”Il est aussi très important de laisser le temps de répondre, même si la réponse est lente ou hésitante.
Le silence fait partie de la communication.Répondre aux questions de l’enfant et enrichir le langage
Quand un enfant pose une question, c’est une occasion précieuse d’enrichir son langage.
Autant que possible, prendre le temps de répondre, d’expliquer, de décrire les objets, les situations, ce que l’on voit.Ces échanges nourrissent le vocabulaire et la compréhension du monde.
Utiliser un langage clair et précis
Il est préférable d’utiliser un vocabulaire juste et clair.
Plutôt que des mots “bébé”, on peut employer les mots corrects du quotidien.Par exemple, au lieu de dire “c’est l’heure du dodo”,
on peut dire “c’est l’heure de la sieste” ou “c’est l’heure d’aller dormir”.L’enfant est capable d’entendre et de comprendre ces mots.
C’est en les entendant régulièrement qu’il pourra ensuite les utiliser.Le baby sign
Parmi les outils possibles, il y a aussi le baby sign.
Le baby sign est un outil de communication inspiré de la langue des signes, simplifiée et adaptée aux jeunes enfants.
Certains mots du quotidien sont à la fois parlés et signés, ce qui permet à l’enfant, avant l’acquisition du langage oral, de s’exprimer et de se faire comprendre.Cela peut aider à réduire certaines frustrations, car l’enfant comprend souvent bien plus de choses qu’il ne peut encore exprimer avec des mots.
Comme tous les outils, le baby sign n’est ni obligatoire ni indispensable, mais il peut être un véritable appui pour certaines familles, s’il s’inscrit dans une relation riche en parole, en regard et en échanges.
Conclusion
L’acquisition du langage commence dès la naissance.
Il n’existe pas un seul langage, mais plusieurs : le langage verbal et le langage non verbal, tous deux essentiels et complémentaires.Chaque enfant évolue à son rythme, et chaque famille fait avec ses ressources, son quotidien et ses valeurs.
Il n’y a pas de solution parfaite, seulement des manières d’accompagner qui ont du sens pour vous et pour votre enfant.Accompagner le langage d’un enfant, ce n’est pas lui apprendre à parler plus vite,
c’est surtout être présent, disponible, et à l’écoute de ce qu’il a déjà à nous dire. -
Le développement moteur
Introduction
Dans cette vidéo, je vais me concentrer uniquement sur le développement moteur global, sans aborder la motricité fine.
Je parlerai de la période allant de la naissance jusqu’à l’acquisition de la marche.Si vous souhaitez d’autres vidéos sur ce thème — incluant la motricité fine ou le développement moteur de l’enfant plus grand — n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire.
Il est important de rappeler qu’il n’existe pas d’âge fixe dans le développement moteur, mais des repères moyens mis en évidence par les recherches scientifiques.
Chaque enfant évolue à son rythme.Il ne s’agit donc pas de culpabiliser ni de s’inquiéter si son enfant n’est pas “dans la moyenne” et progresse plus lentement.
Comme on le dit souvent : chacun son rythme.En revanche, si votre enfant présente un retard important, ou si quelque chose vous inquiète pour diverses raisons, il est bien sûr essentiel d’en parler à votre médecin ou à un professionnel de santé.
I) Repères d’âge (à titre indicatif)
À la naissance, le bébé est en position fœtale. Sa motricité est marquée par une flexion des membres supérieurs et inférieurs.
Jusqu’à environ 3 mois, le bébé apprend progressivement à maintenir sa tête dans l’axe du tronc.
Vers 5 mois, la tête devient libre et l’enfant est capable de poursuivre un objet de façon volontaire.
Après le maintien de la tête, vient progressivement :
- le maintien du haut du dos,
- puis du bas du dos.
Quelques repères moteurs couramment observés :
- Se tourner / se retourner : autour de 5 mois
- S’asseoir : vers 7 mois
- Ramper / se déplacer au sol / quatre pattes : entre 8 et 12 mois
- Se mettre debout avec appui : autour de 9–10 mois
- Station debout avec appui : 10–12 mois
- Station debout sans appui : 12–13 mois
- Marche autonome : entre 10 et 18 mois
La marche arrive donc dans une large fenêtre temporelle, ce qui explique pourquoi les étapes précédentes peuvent elles aussi varier d’un enfant à l’autre.
II) Mon point de vue professionnel
La motricité libre
Je m’inscris dans une approche de motricité libre.
C’est une approche largement développée par Emmi Pikler, pédiatre hongroise, qui a profondément fait évoluer notre regard sur le développement du jeune enfant.Son idée est à la fois simple et essentielle :
le bébé se développe par lui-même, à travers ses propres initiatives, ses essais, ses expériences.Accompagner la motricité libre, c’est reconnaître que le jeune enfant :
- développe sa motricité dès la naissance,
- progresse sans que l’adulte ait besoin de faire à sa place,
- construit ses compétences à son propre rythme.
Le rôle de l’adulte, ce n’est pas de “faire faire”, mais de proposer un environnement sécurisant, stable et bienveillant, dans lequel l’enfant peut explorer librement.
Concrètement, cela signifie ne pas placer l’enfant dans des positions qu’il ne peut pas encore atteindre seul, et lui laisser la liberté de découvrir ses mouvements, à son rythme.
Laisser cette place à l’enfant, c’est lui permettre de grandir en confiance, en s’appuyant sur ses propres compétences.
Le transat
Le transat peut être un outil utile, à condition qu’il soit utilisé avec modération.
Il ne doit pas empêcher l’enfant de vivre des temps au sol indispensables à son développement moteur.Il peut être pertinent dans certaines situations :
- lors d’un repas,
- pour une sieste ponctuelle (par exemple en collectivité),
- lors d’un repas de famille, lorsqu’il est nécessaire de surveiller l’enfant.
Mais l’essentiel reste que l’enfant ait des temps réguliers au sol, pour bouger librement son corps et développer sa motricité.
Je sais que, sur Internet, on peut trouver tout et son contraire en matière d’informations sur le jeune enfant.
Mon point de vue est simple : faites de votre mieux, en fonction de vos possibilités et de vos envies.Tant que vous essayez, autant que possible, de respecter les besoins de votre enfant — que vous observez au quotidien, même si vous n’avez pas toujours les mots “professionnels” pour les nommer — tout va bien.
Vous connaissez votre enfant bien plus que vous ne le pensez.
Et pour ça, vous pouvez être fiers de vous.Le portage
Le portage est un formidable outil de lien et de relation entre l’adulte et l’enfant.
Il répond à des besoins de sécurité, de proximité et de contenance.Conclusion :
Nous venons de voir les grandes étapes du développement moteur du jeune enfant de la naissance à l’acquisition de la marche. Chaque enfant est unique et évolue à son rythme, l’accompagner dans la motricité libre c’est le respecter, lui donner notre confiance.
-
1° Qu’est ce que c’est ?
Concept partant du principe que l’enfant découvre le monde. Ainsi, il ne connait pas toutes les caractéristiques et utilisations des objets alors il les détourne (ex : 1 chaise devient un escabo). L’enfant fait de l’affordance. Utiliser les objets dans d’autres espaces que ceux prévus est aussi de l’affordance (ex : poupée dans coin dinette).
2° Dans le quotidien :
Aménagement de l’espace ne va pas de pair avec blocage de l’enfant dans son jeu. En gros, faire des espaces distincs (coin dinette, coin moteur…) ne veut pas dire empecher l’enfant de jouer à ce qu’il veut où il veut. Ainsi, un enfant doit être libre d’utiliser les espaces comme il le souhaite. C’est pourquoi, lorsqu’un enfant joue à la dinette dans la cabane par exemple, il faut le laisser faire.
Le jeu de l’enfant passe par pleins d’imaginaires qui peuvent nous dépasser en tant qu’adultes. il ne faut surtout pas le couper dans son jeu car c’est une manière pour lui de s’approprier son environnement, voir même de laisser s’évacuer ses craintes. Ex : 1 enfant apporte une pomme à un adulte. Il dit « tiens une orange ». Ne pas dire « ah non c’est une pomme ». Cela couperait le jeu de l’enfant.
3° Ce que cela apporte à l’enfant (pq affordance) :
Mais alors, pourquoi affordance? Je vais, ici, reprendre quelques éléments que j’ai trouvé intéressants, d’une vidéo youtube ( La théorie de l’affordance de Formation garderie plus https://www.youtube.com/watch?v=auLmS6of-Js&t=713s).
- Exploration de l’environnement : l’enfant est en confiance, sécurisé alors il part à la rencontre de son environnement. A nous donc de donner l’envie aux tout-petits d’explorer leur environnement.
- La perception de l’individu avec ses ressources propres et, la manière dont il perçoit les choses vont lui faire adopter tel ou tel comportement.
- Mieux connaitre un objet permet de mieux comprendre et catégoriser le monde.
Conclusion :
Ainsi, détourner les espaces, les objets est pour l’enfant un mode d’apprentissages et de découvertes. A nous adultes de lui faire confiance, de le laisser explorer à sa manière et de lui en donner la possibilité.
-
.
🌸 Naissance
- Tisane d’allaitement (par exemple chez Naturalia)
- Bougribouillons
- 15 jours de repas préparés pour les parents
- Une présence : venir garder bébé quelques heures par jour pour que papa et maman puissent se reposer (voire plusieurs jours si possible)
- Un massage pour maman et/ou bébé
- Un bain thalasso pour bébé
- Jeux sensoriels : tissus, hochets, balles
- Livres en noir et blanc
🧸 1-2 ans
Vous pouvez faire un lot par catégorie, ou simplement choisir un cadeau.
Quelques idées de boutiques : Action, Hema, ou Archi Chouette à Lyon (jeux de société). Et pour les idées DIY : Pinterest !Sensoriel : tissus, balles, bâton de pluie, dalles ou bouteilles sensorielles (tout peut être fait maison)
Motricité fine : puzzle, cubes, jeux de transvasement
Permanence de l’objet : balle qui rentre et sort
Moteur : parcours, chariot de marche (évitez ceux avec des jeux dessus, trop stimulants), trotteur
Imitation : poupée, dînette
Livres : petites histoires, imagiers
🪁 2-3 ans
- Premiers jeux de société (ex. Mon premier verger)
- Instruments de musique
- Sensoriel : mêmes idées que pour les 1 an
- Motricité fine : puzzles, Lego Duplo, gros blocs à empiler, pinces, grosses perles à enfiler, Colorino
- Activités manuelles : kits Oxybul par âge, ou idées DIY sur Pinterest
- Imitation : dînette, poupées, poussette, plan de change, balai taille enfant
- Livres : histoires courtes ou imagiers
- Moteur : voiture, draisienne
🎨 3-4 ans
Création & motricité fine :
- Pâte à modeler
- Blocs magnétiques
- Lego Duplo
- Kits Oxybul
Jeux :
- Jeux de société (loto, memory)
- Jeux à lacets façon Montessori
- Quilles, anneaux
- Puzzles
- Jardinage et jeux d’eau
Imitation : même idées que précédemment
Moteur : draisienne, vélo, trottinette
Livres : adaptés à leur âge, Lunnii, Toniebox
🚲 4-5 ans
- Jeux de société
- Livres
- Déguisements
- Objets du quotidien (pour faire “comme les grands”)
- Lego
- Activités créatives
- Jeux de plein air : corde à sauter, vélo, jardinage
- Kits de sciences
- Instruments de musique
- Puzzles
- Sorties, moments partagés
🌻 5-6 ans
Jeux de société avec de vrais petites règles (ex : le verger, dobble kids, la chasse aux monstres, mon 1er Carcassonne…)
Loisir créatif : peinture, mosaïque, tampon, perles à repasser…
Jeux de construction : lego, kapla, blocs magnétiques…
Jeux d’imagination : playmobil, objets du quotidien (cuisine, dinette, poupée…), déguisements…
Livres : des histoires un peu plus longue, mes 1eres lectures pour enfant de 6 ans.
Kits d’expérience et de découvertes : observation nature, savon…
Jeux de pleine air : cerf-volant, corde à sauter…
Activité : sortie particulière, atelier…
Abonnement à une box : pandacraft…
-
Lectures, articles, sites internet que j’ai utilisés durant ma formation et/ou que j’utilise encore.
Yapaka.be (tout un tas de sujets, en livres ou vidéos, accès social)
L’attachement dans la petite enfance (je ne sais plus pourquoi j’ai marqué cela. Si je retrouve mon idée, je la marquerait, sinon j’effacerait cette phrase ^^)
Anne Marie Fontaine Observation projet (livre)
les pros de la petite enfance (site internet et magazines)
Bougribouillons (site internet)
Héloïse Junier (psychologue spécialisée enfant il me semble)
Les émotions (titre du /des livre(s) à venir)
-
L’objet transitionnel, ou « doudou », est celui qui fait lien entre les différents lieux de vie d’un enfant (ex : lien entre maison et crèche). « L’objet transitionnel est l’un des ponts qui rend possible le contact entre la psyché individuelle et la réalité externe. En serrant cet objet dans ses bras, en le suçotant, le touchant, l’enfant se sent « maman avec bébé », ou nourrisson avec le sein et c’est grâce à cela qu’il est en sécurité. Il témoigne aussi que l’enfant est à un stade transitionnel du développement : celui qui va de la relation à l’objet à l’utilisation de l’objet » d’après le grand dictionnaire de la petite enfance (Anne Gatecel, sous la direction de Caroline Morel, 2021, p.366).
Le doudou doit-il être à disposition de l’enfant à tout moment?
Le doudou, comme expliqué ci-dessus, est un objet de lien, rassurant pour l’enfant et le reliant avec ses parents en leur absence. Les lieux accueillants et prenants en charge des enfants doivent favoriser leur bien-être. Ainsi, il me parait évidant de laisser le doudou à disposition en tout lieu et tout temps. Cette question fait débat, notamment en crèche, où se pose la question d’autoriser ou non l’objet transitionnel dans le jardin, au repas (« crainte » de salissure, regard et jugement des parents le soir). C’est la même chose pour la sieste. Au moment de préparer les enfants à la sieste, les professionnels leur donnent doudou et tétine. Pour des raisons de praticité et éviter toute recherche de doudou et tétine au moment où les enfants sont dans leurs lits, ne vaut-il pas mieux mettre doudou et tétines dans les lits avant la sieste ? J’estime que non, cela va à l’encontre de la connaissance des bienfaits et du rôle de cet objet transitionnel pour l’enfant.
En conclusion :
- Importance ++ de l’objet transitionnel qui fait lien entre l’enfant et sa famille. Si un enfant n’a pas de doudou et que vous observez que cela l’aiderait d’en avoir un, ne pas hésiter à en parler aux parents. Si ceux-ci sont réticents, tourner la chose différemment : amener un tissu avec odeur de maman par exemple.
- Nécessité de l’avoir à disposition constamment (jardin et repas ne font pas exception. Même si pour le repas je suis plus mitigée niveau pratique et surtout risque d’oublie si le repas se prend en salle à part).
- Ne jamais refuser de donner son doudou à un enfant (pour la tétine, c’est différent.).